HOMELIE du dimanche 14 avril 2019 RAMEAUX / C
(Is 50, 4-7 ; Phi 2, 6-11 ; Lc 22, 14 à 23, 56)

Dès que Dieu se dévoile, dès la vocation de Moïse, Dieu dit qu’il connaît, qu’il voit la souffrance de son peuple,… qu’il n’est ni aveugle, ni sourd, qu’il entend ses cris.

Il dit aussi qu’il cherche des hommes qui partagent son attention pour l’homme souffrant, sa compassion pour l’homme blessé, afin qu’il puisse les envoyer libérer son peuple… Et finalement, il vient lui-même. Le Père envoie son Fils partager nos souffrances, et affronter la puissance du mal et de la mort.

Le Fils ne vient pas expliquer ce scandale, cette puissance sans cesse renaissante du mal : il vient l’affronter. Elle déchirera sa chair, elle écartèlera son corps, et surtout,  elle transpercera son cœur,  mais elle ne triomphera pas de son amour, ni de sa confiance. Le Père le ressuscitera, et il deviendra source jaillissante de vie pour tous ceux qui se tournent vers lui, et accueillent sa présence.

La toute puissance de l’amour, en  Jésus, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime, même quand ils vous crachent au visage, vous trahissent, vous condamnent injustement à une mort infâme, qu’ils vous traitent comme un rebut d’humanité…, car la crucifixion se voulait la mort la plus déshumanisante possible.

Aujourd’hui, nous pensons tout particulièrement à tous ceux qui paient très cher, dans leur corps, et dans leur cœur, les conséquences douloureuses ou dramatiques du péché des autres : tous ceux dont la confiance a été trahie, tous ceux qui sont victimes de l’injustice de notre monde, tous ceux qui sont persécutés à cause de leur foi en Christ et en l’Eglise.

Le Fils de Dieu a voulu les rejoindre jusque dans leur cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », mais c’est pour les entraîner, avec lui, dans sa confiance en l’amour du Père, ce Père, qui veut déployer en eux, comme en nous tous, la même puissance que celle qu’il a déployée en ressuscitant son Fils d’entre les morts.