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Plaidoyer pour le Carême


Disons le tout net : l’image de marque de notre Carême n’est pas fameuse. Nous sommes nous demandé si, nous, catholiques, n’en étions pas quelque peu responsables ?

Certes, ce temps doit se vivre dans la discrétion et, très largement, de façon individuelle.

Mais si nous en faisons mention autour de nous, qu’évoque-t-il spontanément pour la majorité des personnes : des notions de privation, de pénitence, de renoncement. Une connotation de tristesse ou, pire, de pseudo-masochisme. Rien à voir avec l’objectif qui nous est proposé.

Essayons de corriger cette vision purement négative pour affirmer que ce que nous recherchons est au contraire une forme de libération.

Que, comme le sportif qui s’impose une discipline pour accroître ses performances, nous cherchons à aller à l’essentiel, à ce qui nous procure un bonheur vrai et favorise notre épanouissement.

Ou encore, comme l’accidenté ou l’opéré dont la rééducation demande de la détermination et qui pour retrouver la plus grande liberté de mouvement possible est prêt à tous les efforts.

Nous sommes souvent comme le personnage de Gulliver qui, naufragé sur une île, s’est endormi sur la plage. A son réveil, il se découvre entravé par la multitude de liens avec lesquels les minuscules lilliputiens l’ont attaché.

Lorsqu’ils nous accaparent au-delà du raisonnable, nos liens à nous se nomment smartphone, télévision, boisson, égoïsme, argent, sexualité, biens matériels, …

Alors, essayons d’en couper, ou du moins d’en relâcher quelques-uns et de nous retrouver meilleurs au matin de Pâques dans la joie de la Résurrection.

Jean-Paul Croisille